Les principales évolutions dans la logistique en 30 ans

Les enjeux de l’optimisation logistique sont en constante évolution. En France comme ailleurs, la logistique est devenue un outil primordial pour conquérir des marchés. La gestion réussie d’une entreprise dépend souvent de son aptitude à la maîtrise de sa chaîne logistique ou Supply Chain. De nouveaux contours logistiques définissent les performances des entreprises dans un monde économique de plus en plus tendu.

Dans un premier temps, nous pourrons sommairement introduire et rappeler ce qu’est la logistique et d’où elle provient. Ensuite, nous pourrons alors considérer (de manière non exhaustive) ce que furent les grandes étapes logistiques au cours des 30 dernières années. Car sur l’échelle temporelle, 30 ans c’est court et long à la fois, comme nous le verrons. Bien des données ont été reconsidérées durant cette période et des étapes importantes ont pu être remarquables dans le secteur de la gestion logistique.

Quels ont été les faits marquants des 30 dernières années dans l'optimisation logistique ?-1

Origine et définition de la logistique

Difficile de déterminer à quand remonte la logistique puisqu’elle englobe la gestion de l’ensemble des ressources et les moyens qui permettent d’optimiser la satisfaction d’un besoin exprimé. À ce titre, on peut considérer que la logistique existait dès l’antiquité lorsque les armées se déplaçaient, entraînant avec elles l’ensemble des services nécessaires à leur rôle :

  • gestion de l’approvisionnement en vivres et eau ;
  • transport des médecins et guérisseurs ;
  • approvisionnement en armes ;
  • service administratif dans la chaîne de commandement ;
  • rapatriement du butin vers le trésor lors des victoires ;
  • etc.

Comme de nombreuses innovations, l’origine de la logistique ainsi que son perfectionnement découlent de leur application martiale.

Mais la logistique contemporaine appartient au monde professionnel également. On pourrait la qualifier comme étant l’aptitude des entreprises à livrer à leurs clients les produits ou services convenus, dans les délais prévus, au niveau de qualité entendue et dans des coûts maitrisés.

Suite à la révolution industrielle, des processus logistiques ont été inventés et ont fait leurs preuves (standardisation des tâches, chaînes de production, solution de stockage en entrepôt, etc.). C’était il y a un siècle tout juste et déjà de tels concepts paraissent évidents et presque péremptoires. Parce que la logistique a évolué, elle s’est pliée aux nouvelles exigences des marchés qui imposent de plus en plus de contraintes afin de maintenir une cohérence économique de plus en plus dure à atteindre.

Comme tout système, la logistique doit s’adapter pour ne pas disparaître.

Quels ont été les faits marquants des 30 dernières années dans l'optimisation logistique ?-2

Focus sur les trois dernières décennies

Nous l’avons vu, la logistique ne date pas d’hier. Mais elle a dû évoluer. Dans un monde qui s’accélère, la gestion des entreprises est de plus en plus concurrentielle. Alors l’innovation suit et le business plan de chaque entreprise s’adapte. Les flux (physiques et d’information) s’accélèrent. Certains faits sont assez discrets, mais d’autres sont notables et incarnent des étapes importantes dans l’évolution des logistiques au sens large.

L’apparition de la Supply Chain

La différence entre Supply Chain et logistique n’est pas toujours flagrante. Pour simplifier, disons que la Supply Chain est une notion de logistique à une autre échelle. La Supply Chain se définit comme étant l’aptitude à gérer correctement les flux physiques, financiers et d’informations en partant des fournisseurs des fournisseurs jusqu’aux clients des clients. C’est donc une logistique à un autre niveau qui répond à des enjeux plus larges et requiert une bonne maîtrise des différents processus logistiques qu’elle englobe :

  • achats et approvisionnements ;
  • production et ordonnancement ;
  • stockage et transformation ;
  • livraison et distribution ;
  • SAV et reverse logistique.

Bien que la paternité du terme « Supply Chain Management » soit attribuée à Jay Write Forrester en 1958, la dimension que nous connaissons aujourd’hui à son application est corrélée à la récente mondialisation des échanges. Le marché international remonte bien avant dans le temps (Route de la Soie), mais les échanges de volumes aussi conséquents et sur des distances si importantes se sont grandement développés à partir des années 2000 avec, notamment, la démocratisation d’internet.

L’effet boule de neige des délocalisations

Le terme délocalisation est connu. Sans rejouer ici les conflits de valeur sous-jacents, on peut dire que le processus de délocalisation des industries d’Europe occidentale s’est initié dans les années 90. À l’origine, les entreprises cherchaient à optimiser leurs coûts de production en implantant leurs outils de production proches des zones d’extraction de matières premières et de main-d’œuvre meilleur marché tout en assurant la livraison vers les pays clients. Cette logistique a vu se créer des réseaux de transport complexes pour gérer des flux physiques de plus en plus importants sur des distances devenues mondiales.

Ces délocalisations ont eu pour effet un accroissement du nombre de transporteurs, transitaires, affréteurs maritimes ou aériens, etc. L’informatique est devenue un outil précieux au service de la logistique pour optimiser, regrouper, tracer, les flux de marchandises à travers différents pays et différentes langues. C’est à cette époque que la traçabilité et les livraisons par voie maritime ont été performées nous permettant aujourd’hui une excellente maîtrise de ces outils.

Ce modèle montre aujourd’hui ses limites dans un monde où l’énergie coûte extrêmement cher et où le savoir-faire est concentré dans des zones géographiques qui ne sont pas toujours celles qui consomment les produits issus de cette ingénierie.

L’émergence d’internet et la reverse logistique

Nous l’avons vu précédemment, l’arrivée d’internet a perturbé les habitudes d’approvisionnement des clients. En diminuant les intermédiaires et en rendant l’annuaire des professionnels de tous les produits accessible à tous, l’informatique a permis également de révolutionner les marchés grâce à des performances inédites jusque là :

  • possibilité de paiement en ligne sans avoir recours au guichet de sa banque ;
  • devis immédiats et gratuits en ligne ;
  • maîtrise de la livraison et choix du prestataire de transport ;
  • mise en place des entreprises en gestion dropshipping ;
  • etc.

Dès lors, ces données ont dopé les marchés. Par exemple, la consommation des biens d’équipement des foyers a connu des records. Certaines entreprises logistiques ont donc vu le jour notamment dans la livraison de colis, le stockage, la préparation de commandes, etc.

Le business modèle a changé sur tous les marchés (B2B, P2P, B2P). Et pour réussir à rester compétitive, toute entreprise rompue aux exigences d’un tel marché a dû être performante en termes de garantie, de reprise ou d’offres de type « satisfait ou remboursé ». C’est dans un tel contexte que la reverse logistique s’est développée. Elle consiste à gérer les flux (physiques et d’informations) des marchandises qui partent du client (entreprise ou particulier) vers l’entreprise fournisseur.

Cela représente un volume immense de produits et donc énormément de coûts y sont liés alors que, généralement, ils ne rapportent pas de marge aux entreprises fournisseurs. Peu après l’arrivée d’internet, il a donc fallu inventer et optimiser une logistique dédiée à ces nouvelles exigences des consommateurs et du législateur (le droit de rétractation date de 2011 en France).

Les stocks, une hérésie comptable

Jusqu’à la fin du XXe siècle, posséder du stock était une double force :

  • valorisation des actifs notamment lors des inventaires ;
  • accroissement de la satisfaction client.

Mais les données des méthodes comptables en logistique ont permis aux entreprises de réaliser à quel point le stockage était coûteux :

  • coûts d’immobilisation de valeurs ;
  • coûts des bâtiments de stockage ;
  • coûts annexes (assurances, machines, personnel) ;
  • coûts administratifs et transport inter-stocks ;
  • augmentation de la fonction de l’indice PVC (Perte, Vol, Casse).

Alors la chasse aux stocks est apparue comme la solution, car plus aucun acteur de la Supply Chain ne souhaitait les prendre en charge. Cela a poussé tous les intermédiaires à performer leur gestion logistique afin de se donner les moyens pour s’en affranchir au maximum. Ceci a été particulièrement vrai dans l’industrie automobile à la fin des années 90 et au début des années 2000 où les modes de fabrication ont basculé de flux poussés à flux tirés ou tendus.

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