La campagne gouvernementale de vaccination suscite de nombreux commentaires, à plusieurs titres : approvisionnement, distribution, organisation des centres de vaccination, etc., sont autant de sujets brulants dans le contexte actuel. Découvrons ensemble comment s’organise la logistique vaccinale, pour mettre un terme à l’épidémie de Covid-19.

Selon le ministre de la santé, Olivier Véran, l’ensemble des français qui le souhaitent pourront être vaccinés avant la fin du mois d’août. Cette promesse lourde de sens engage donc le gouvernement à relever un défi logistique inédit pour recevoir, transporter et administrer l’ensemble des doses de vaccin nécessaires. Leur stockage, tout comme l’approvisionnement en aiguilles sont des sujets brulants, tant l’épidémie contraint durablement les performances économiques et la vie sociale des français. Découvrons ensemble la manière dont le gouvernement entend organiser la logistique vaccinale, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

 

Gérer le stock de matériel : Comment gérer les colis réfrigérés et le stock d’aiguilles ?

 

Dès la fin du mois de décembre 2020, Santé Publique France, l’autorité en charge de la coordination de la campagne de vaccination, a déterminé une liste de Pharmacies à Usage Intérieur (PUI), considérées comme des établissements pivots. En d’autres termes, elles recevront les précieuses doses de vaccin pour permettre un stockage optimal. Les pharmacies d’officine devraient être davantage sollicitées au cours des prochaines étapes de la campagne de vaccination, à partir du mois de mars 2021.

D’après le responsable du pôle offre de soins de la Fédération hospitalière de France, Alexandre Mokédé, 90% des « super-congélateurs » ont été livrés aux établissements pivots dès le début du mois de janvier 2021. Le gouvernement souhaite que chaque département possède au moins 1 super-congélateur. Chacun peut contenir jusqu’à 200 000 doses ! Reste donc à les produire.

Quant aux aiguilles, des stocks importants ont été livrés par Santé Publique France la dernière semaine du mois de décembre pour assurer la vaccination des personnes vivant dans les Ehpads. A la fin du mois de janvier, la France comptait environ 5,5 millions d’aiguilles dans ses stocks.

 

Gérer l’infrastructure support : Six plateformes au service du déploiement de la stratégie gouvernementale

 

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Une fois produits, les vaccins doivent être acheminés des usines de fabrication jusqu’à leur centre de stockage. Les doses sont directement livrées par les laboratoires au sein de six plateformes logistiques et d’une centaine d’établissements pivots à travers l’Hexagone. Ils utilisent pour cela des entreprises de transport privées, à l’image de DHL ou de FedEx par exemple. Cette étape s’effectue sous haute surveillance : les camions transportant les doses de vaccin sont escortés par les forces de l’ordre, et les lieux de stockage sont maintenus secrets.

En parallèle, deux circuits logistiques complémentaires ont été mis en œuvre : les transporteurs habituels de médicaments apportent leur soutien pour la vaccination des Ehpad ou s’orientent vers les établissements hospitaliers traditionnels. Ils apportent aussi leur soutien logistique aux différents centres de vaccination disséminés dans l’ensemble des régions.

Quant aux territoires d’Outre-Mer, ils seront approvisionnés par transport aérien civil ou militaire dans des délais similaires à ceux de la métropole.

 

Maintenir la chaîne du froid pour le transport des vaccins

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Il s’agit sans doute de l’un des défis les plus redoutables pour les professionnels de la logistique : maintenir la chaîne du froid tout au long du parcours des vaccins. A la différence de certains médicaments ou produits injectables habituels, certains vaccins tels que celui de celui de Pfizer / BioNTech nécessitent des conditions de conservation particulières à… -70°C !

Deux types de contenants seront utilisés pour assurer leur conservation : l’un en polyuréthane, l’autre en panneaux sous vide à base de silice, une technologie habituellement utilisée dans le domaine spatial. Chaque caisse doit être rechargée en glace carbonique trois fois par mois. Enfin, il est nécessaire de prévoir un endroit ventilé pour évacuer les rejets de CO2 qu’elles provoquent. Pfizer a même décidé d’internaliser la production de glace carbonique en comprimant du CO2 liquide dans ses propres usines.

 

La construction d’indicateurs de suivi des campagnes de vaccination

 

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Le suivi d’indicateurs clés de performance est primordial pour mieux comprendre les ressorts de cet exercice inédit, et corriger, si besoin, les dispositifs mis en place. Cette mission a été confiée à Santé Publique France, qui fait évoluer ses dispositifs habituels de surveillance pour l’occasion. Leurs équipes travaillent actuellement à la définition d’indicateurs permettant de suivre le pourcentage des personnes ciblées ayant été vaccinées, selon plusieurs variables (âge, comorbidité, zone géographique, etc.)

Fait nouveau, l’adhésion vaccinale, c’est-à-dire le pourcentage de français qui se disent prêts à être vaccinés, fera désormais l’objet d’un suivi attentif de la part de l’Agence. L’ensemble des résultats seront partagés publiquement de manière régulière, afin de tenir le grand public informé de l’avancée de la couverture vaccinale.

Le 21 février 2020, 2,6 millions de personnes avaient reçu au moins une dose de vaccin en France, soit 3,9% de la population française, selon CovidTracker. 1,1 million de personnes ont reçu les deux doses nécessaires, soit 1,6% de la population française. Dans le même temps, 5,4 millions de doses de vaccin ont été réceptionnées depuis le 26 décembre 2020. A partir du mois de mars, les phases 2 et 3 commenceront, avec la vaccination de toutes les personnes âgées de 65 à 74 ans, et des autres tranches de la population non ciblées antérieurement.

 

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