L’automatisation du travail suscite autant d’interrogations que de controverses. Combien d’emplois sont véritablement menacés par l’automatisation ? Découvrons ensemble toutes les clés pour saisir les enjeux de ce grand bouleversement.

Vous êtes nombreux à vous interroger sur ce sujet, sans trouver de réponse concrète, le plus souvent. L’automatisation du travail menace-t-elle vraiment nos emplois ? Quels seront les professions touchées ? Dans quelle proportion ? L’observation des effets des précédentes révolutions industrielles sur l’emploi permet de démontrer que nombreux ne sont pas toujours automatisables. En effet, certaines professions nécessitent de véritables interactions sociales, de l’adaptabilité, de la flexibilité et une capacité certaine à répondre à l’imprévu. Ces compétences ne peuvent pas être apportées par des outils informatiques ou l’intelligence artificielle. D’après les travaux du groupe France Stratégie, on estime que 3,4% des emplois ne sont pas dépendants d’un rythme de travail imposé par une demande extérieure exigeant une réponse immédiate, et qui consistent à appliquer strictement des consignes. Pour le secteur logistique, les innovations sont importantes : automated guided vehicles, dispositifs goods-to-man, tunnels de lecture de puces RFID, etc. Aussi, des solutions technologiques permettent aux plateformes logistiques de supprimer du travail humain en manutention, en préparation des commandes en contrôle qualité. Certains estiment que cela réduit la pénibilité au travail, et parfois les risques professionnels, d’autres affirment au contraire que cela conduit à la destruction de nombreux emplois. Dans ce contexte, faut-il percevoir les innovations technologiques comme des menaces, ou des opportunités ? Autant de questions et de réponses que nous vous proposons de découvrir au cours de cet article. Suivez le guide !

 

Automatisation du travail : combien d’emplois pourront être véritablement automatisés en France dans les prochaines années ?

 

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Les études scientifiques ne manquent pas, lorsqu’il s’agit d’automatisation. En 2013, deux chercheurs de l’université d’Oxford affirment que 47% des emplois aux États-Unis et 35% au Royaume-Uni sont automatisables. D’après l’OCDE, seuls 9% des emplois américains, et 7% des emplois français présentent une probabilité d’automatisation supérieure à 70%. Vous l’aurez compris, la bataille des chiffres fait rage, et les experts ne sont pas unanimes.

Prenons maintenant du recul sur ce phénomène. Il n’existe aucune activité qui échappe aujourd’hui à l’influence des mutations technologiques en cours. Les plateformes logistiques et tous leurs prestataires sont naturellement impactés.

A l’échelle du pays, les données recueillies nous permettent de donner du crédit aux résultats de l’OCDE. L’étude du nombre d’emplois avec un rythme de travail imposé par une demande extérieure obligeant à une réponse immédiate éclaire à la fois sur les interactions sociales, l’adaptabilité et la flexibilité du salarié. Dans ce contexte, seuls 15% d’entre eux occupent des emplois véritablement automatisables. Le développement de métiers hautement qualifiés (ingénieurs et cadres techniques de l’industrie, de l’informatique et des télécoms, personnels d’études et de recherche…) augmente la part des emplois non automatisables. D’après France Stratégie, entre 2005 et 2013, leur quantité a diminué de 530 000 unités. Dans ce contexte, il est important de relativiser les tendances et les conséquences de l’automatisation du travail sur le marché de l’emploi.

 

Quels sont les emplois susceptibles d’être automatisés dans le secteur logistique ?

 

Les plateformes logistiques sont concernées à juste titre par l’automatisation du travail. Certains dispositifs font la part belle à l’intelligence artificielle, et notamment le deep learning. Les autoguided vehicles (AVG) sont aujourd’hui répandus, et circulent pour alimenter, prélever des marchandises dans des périmètres parfois interdits à la circulation humaine. Ils sont reliés à un logiciel de traitement des stocks et des commandes. Ces solutions présentent un intérêt capital pour les salariés, car elles limitent leur exposition au risque. Pour les Hommes, il est nécessaire de se préoccuper de nouvelles missions : concevoir ces machines, et mieux planifier l’organisation des locaux pour optimiser le fonctionnement des AVG.

Aussi, certains chariots sont capables de suivre un opérateur grâce à un capteur. Il est donc possible de faire face à un nombre plus grand de marchandises, en même temps qu’à une croissance des volumes à traiter. Des tunnels de lecture de puces RFID améliorent la traçabilité des marchandises. La solution se substitue au picking vocal, nécessitant une intervention humaine.

Enfin, les objets connectés sont certainement les outils suscitant le plus de curiosité. Dans bien des cas aujourd’hui, ils ont prouvé leur pertinence. Par exemple, des capteurs mesurer des données relativement simples, font remonter les informations et les analysent (informations sur les vibrations, température, etc.). Bien que de facture relativement simple, ils devraient continuer à se perfectionner rapidement dans les années à venir.

 

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Combien ce processus va-t-il permettre de créer davantage d’emplois plus productifs ?

 

L’automatisation en logistique n’est pas, pour l’heure, intégrale. Bien au contraire, de nombreuses tâches ne sont pas exécutables par des ordinateurs. Quelques plateformes ont à ce jour investi dans une automatisation très étendue. Cela n’implique pas obligatoirement le recours à des robots logistiques. Les opérateurs sont spécialisés, avec des tentatives pour les rendre polyvalents.

Ainsi, la technologie permet d’améliorer les délais tout en augmentant la sécurité des personnes. Par exemple, 90% des postes créés en 2019 dans le secteur logistique sont dépourvus de ports de charge. D’autre part, les secteurs de l’intelligence artificielle, de la programmation informatique et des solutions numériques sont en pleine expansion. Plusieurs centaines de milliers d’emplois devraient être créés dans les prochaines décennies en France.

Ainsi, dans les évolutions technologiques en cours, nombre de solutions permettent de supprimer du travail humain de manutention ou de contrôle qualité. D’autres, cependant, instrumentent le travail existant sans le supprimer. Les effets sur l’emploi sont, pour l’heure, encore flous. S’ils permettent d’envisager la suppression de tâches comme la réalisation d’inventaires, l’évolution de l’emploi dépend du déplacement, fort ou faible, vers les prestations de service nouvelles qui viennent d’être mentionnées, par exemple le conseil aux entreprises clientes. La vitesse d’évolution de la technologie ne permet pas d’effectuer la moindre prévision, mais nous engage à la prudence pour l’avenir.