Le transport maritime représente 3% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Cependant, les acteurs de ce secteur ont la charge d’apporter leur contribution à la transition énergétique. Découvrons ensemble différentes pistes de réflexion pour décarboner le transport maritime à l’horizon 2050.

En 2018, l’OMI s’est fixé un objectif ambitieux : réduire de 40% la quantité de CO2 émise par volume transporté en 2030 par rapport à 2008 et de 50% les émissions globales de la flotte mondiale. La décarbonation du transport maritime est possible : en effet, de nombreux procédés techniques et technologiques existent déjà. En revanche, peu sont déjà industrialisés. En somme, il s’agit de solutions fiables, mais encore peu financées ou soutenues par les pouvoirs publics. Plusieurs années de transition seront nécessaires pour les déployer entièrement, et créer un transport maritime neutre en carbone. Malgré un chemin pavé de bonnes intentions, la route demeure encombrée de plusieurs obstacles avant de parvenir à cet objectif. Explications.

 

Quelles sont les technologies existantes pour décarboner le transport maritime ?

 

Plusieurs carburants écoresponsables sont en train de voir le jour, et s’imposent peu à peu comme de nouveaux standards dans l’industrie :

  • Les gaz légers (GNL, bio-GNL, gaz naturel synthétique, gaz naturel renouvelable et hydrogène)
  • Les alcools (méthanol, éthanol et ammoniac)
  • Les biocarburants de synthèse biosourcés liquides ou gazeux (bio diésel, bio H2, bio GNL, etc.)

Ils peuvent tous être utilisés comme combustible pour la production d’électricité et de propulsion, sans porter atteinte à la vitesse des échanges.

 

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L’hydrogène est une technologie particulièrement prometteuse et bénéficiant du soutien des pouvoirs publics. Elle peut être utilisée comme un vecteur d’énergie pour la mobilité lourde, et ne provoque aucun rejet de particule, de soufre ou d’oxyde d’azote. En septembre 2020, le gouvernement présentait son « Plan Hydrogène », inclus dans le Plan de relance. Doté de 7 milliards d’euros, ce vaste programme vise à :

  • Décarboner l’industrie en faisant émerger une filière française de l’électrolyse
  • Développer une mobilité lourde à l’hydrogène décarboné
  • Soutenir la recherche, l’innovation et le développement des compétences afin de favoriser les usages de demain.

D’après l’OMI, le méthanol et l’ammoniac seront plus adaptés au transport maritime à courte distance, car ils nécessitent un soutage plus fréquent, et un aménagement des navires.

D’autres solutions peuvent être envisagées, à l’image d’une réduction de la vitesse commerciale (slow streaming). En revanche, celle-ci s’opèrerait au détriment de la rapidité des transactions, et donc du consommateur. Plusieurs grands appels à projet ont déjà été lancés à la fin de l’année 2020.

 

L’utilisation du fioul à basse teneur en soufre est-elle suffisante pour réduire les émissions polluantes ?

 

L’utilisation de fiouls à basse teneur en soufre (moins de 1%) est une autre solution régulièrement évoquée pour faire face aux grands enjeux du transport maritime. Cette technologie permet de réduire les émissions de SOx (oxyde de soufre) à la combustion et de diminuer les dépôts de particules de suie. Il dispose aussi d’un rendement plus élevé grâce à une combustion plus efficace et propre, sans pour autant réduire la quantité de CO2 ni de NOx (oxyde d’azote).

 

Quelles seront les conséquences pour la réalisation des échanges par voie maritime ?

 

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La décarbonation des échanges aboutira à de nombreuses transformations sur la structure et les volumes d’échanges à l’horizon 2050.

L’avènement des carburants neutres en carbone devrait augmenter le coût des navires et leur exploitation à moyen terme, jusqu’à réaliser des économies d’échelles suffisantes. Le prix des carburants neutres en carbone devrait aussi diminuer au fil des ans.

Le cadre réglementaire devrait être également bouleversé pour favoriser une adoption de ces nouvelles technologies. L’objectif est de bâtir des politiques publiques incitatives (et non punitives) pour encourager l’adoption de ces technologies.

 

En 2020, 80% des marchandises ont été transportées par la mer. Bien qu’il ne soit à l’origine que de 3% des émissions de CO2, le transport maritime représente 15% des émissions d’oxyde de soufre et 17% des émissions d’oxyde d’azote à l’échelle mondiale. La quantité totale de marchandises échangées dans le monde devrait doubler à l’horizon 2050, c’est pourquoi il est urgent d’apporter des solutions concrètes pour décarboner ce secteur d’activité de premier plan.

 

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