Le développement de la filière hydrogène devrait permettre le développement de nombreuses technologies utiles pour réduire l’impact environnemental du transport privé et de marchandises. Explications.

C’était l’une des mesures fortes annoncées lors de la présentation du Plan de Relance au mois de septembre 2020 : 7 milliards d’euros seront investis à l’horizon 2030 pour construire une filière de l’hydrogène en France. Le plan prévoit d’accroître les capacités de production nationales, de favoriser le développement d’une mobilité basée sur l’hydrogène et de soutenir les activités de R&D dans ce domaine. L’objectif est clair : générer entre 50 000 et 150 000 emplois directs et indirects tout en contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, le transport routier de marchandises représente environ 90% du transport terrestre, c’est pourquoi les mesures le concernant sont susceptibles d’avoir un grand impact économique et environnemental.

 

Comment fonctionne un véhicule à hydrogène ?

 

Un véhicule à hydrogène fonctionne à l’aide d’un moteur à hydrogène. En d’autres termes, un moteur à combustion interne utilisant de l’hydrogène comme carburant. Il est produit par réaction chimique entre le dihydrogène et le dioxygène. Cette technologie aboutit à la production d’eau et d’énergie pour propulser le véhicule.

La pile à combustible est une technologie alternative davantage controversée, consistant à produire de l’électricité pour alimenter un moteur électrique. L’oxygène est oxydé sur une électrode couplée à la réduction de l’oxygène sur une seconde électrode reliée à la première. Cela entraîne l’apparition d’un courant électrique pour alimenter le moteur.

 

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Les débuts du camion à hydrogène

 

Nous observons actuellement les prémices de cette industrie. Plusieurs constructeurs ont déjà commercialisé leur premier camion à hydrogène, et de nombreux projets sont en cours.

Parmi les précurseurs, la startup Quantron (Groupe Haller), concessionnaire Iveco, a annoncé le lancement de sa première série de camion à hydrogène de plus de 40 tonnes à l’horizon 2022 ! Naturellement, la mise sur le marché de nouveaux modèles de camion va de pair avec la mise à disposition d’infrastructures adaptées pour les alimenter. Des acteurs multinationaux tels qu’Air Liquide travaillent activement sur la mise en place de stations à hydrogène.

La Suède a mis au point la première route électrifiée, inaugurée en 2016. Comme pour les trains, elle est équipée de caténaires permettant aux camions de s’y relier, sans empêcher les voitures d’emprunter la même voie. Pour cela, les camions doivent être équipés de moteurs électriques ou hybrides. Selon Siemens, à l’origine du projet, rouler 10 000 km sur ce type de route permet d’économiser jusqu’à 2 000 € de carburant. L’on perçoit aisément le gain de compétitivité que cela permettrait de dégager pour les entreprises, et la réduction des émissions de CO2 pour l’environnement.

 

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Le développement des véhicules à hydrogène est une priorité gouvernementale dans les années à venir

 

Comme nous l’avons évoqué plus haut, le gouvernement français souhaite largement dynamiser la filière de l’hydrogène pour renouveler le transport de marchandises français.

Au-delà des budgets colossaux alloués, il convient de connaître les principaux axes de recherche en cours de développement. Le stockage de l’électricité de manière économique et sécurisée est au cœur de nombreuses attentions. Nanotubes de carbone, hydrures métalliques, glace sous pression, etc., sont autant de solutions à l’étude.

Plusieurs enjeux centraux demeurent encore en suspens :

  • La possibilité de trouver un modèle technologique permettant de viabiliser le transport à hydrogène en masse et à long terme
  • La possibilité de trouver un modèle économique rentable et compétitif pour les entreprises du secteur des transports et pour les particuliers
  • La possibilité de faire accepter l’hydrogène comme un carburant, au même titre que ceux couramment utilisés de nos jours

 

Pour que les véhicules à hydrogène se développent, ceux-ci devront être fiables, posséder une autonomie comparable aux véhicules à moteur traditionnels, avec la possibilité d’effectuer un ravitaillement sans contrainte. La filière hydrogène européenne peut compter sur le dynamisme généré par les nombreux investissements réalisés par le Japon et la Corée du Sud depuis le début des années 2010.

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