En octobre dernier, le gouvernement a lancé sa stratégie d’accélération « Digitalisation et Décarbonation des Mobilités ». Elaborée en concertation avec les acteurs des transports, les fédérations, les collectivités et les instituts de recherche, cette feuille de route comprend différents axes d’action. L’un d’eux concerne directement la logistique 4.0 et s’appuie sur 13 mesures qui visent à renforcer son attractivité, sa compétitivité, ainsi que son caractère durable et innovant. En quoi consistent-elles ? À l’aune de ces annonces, quel futur envisager pour la logistique et le transport de marchandises ?

 

La logistique durable au cœur des préoccupations

 

Parce que le secteur des transports est responsable de 30 % des émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement a construit une vaste politique de décarbonation et de digitalisation des mobilités. Dans le cadre du 4e Programme d’Investissements d’Avenir (PIA4), une enveloppe de 570 millions d’euros vient soutenir cette stratégie ambitieuse. Celle-ci a pour objectif de réduire l’impact environnemental de la chaine logistique et d’accompagner les acteurs du secteur dans leur transition écologique. Elle vise également à relever différents défis dont les enjeux ont été mis en lumière par la crise du COVID-19 et par le Brexit.

En effet, le secteur des transports et des mobilités se trouve face à des mutations profondes, à la fois technologiques, écologiques, industrielles et sociétales. On constate notamment :

  • L’accélération du e-commerce
  • L’orientation des consommateurs vers une logistique plus « verte »
  • De nouveaux comportements comme le télétravail qui redéfinissent le transport et la mobilité
  • La nécessité d’un service client en temps réel
  • L’émergence de solutions numériques et connectées
  • La concurrence de majors mondiaux de la livraison

Qui plus est, avec 150 000 entreprises et 2 millions d’emplois, la logistique est un secteur clé pour la relance du pays.

 

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Les 13 mesures annoncées par le gouvernement

 

Le 21 octobre dernier, lors du 2e CILOG (Comité Interministériel à la Logistique), Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’industrie, ont annoncé 13 mesures en faveur de la logistique 4.0 :

  1. Simplification de l’implantation logistique responsable : « Territoires de logistique »
  2. Organisation des conférences régionales de la Logistique
  3. Accompagnement des transformations de l’emploi et des compétences de la filière
  4. Lancement de la Stratégie Nationale Fret ferroviaire
  5. Signature du Contrat d’Objectifs et de Performance de VNF (Voies navigables de France) 2020-2029
  6. Conforter la place de la France comme premier hub aérien européen
  7. Signature d’un engagement entre le Gouvernement et les principaux acteurs de l’immobilier logistique
  8. Remise du rapport « Pour une logistique urbaine durable »
  9. Accompagnement à la transition énergétique du Transport routier de marchandises
  10. Fluidification du passage aux frontières : France Sésame, rapprochement des administrations et SI Brexit
  11. Lancement du premier Appel à Projets (AAP) dédié à la logistique : Logistique 4.0
  12. Lancement du premier évènement dédié aux entreprises innovantes de la Supply Tech
  13. Installation d’un observatoire de la performance portuaire et des chaines logistiques

Quel impact sur le secteur du transport ?

 

La feuille de route annoncée par le gouvernement concerne tous les transports. L’objectif est de développer des modes de déplacement plus vertueux tout en répondant aux besoins des usagers. La stratégie mise ainsi sur :

  • L’intermodalité
  • La décarbonation du transport ferroviaire, laquelle passe notamment par sa digitalisation
  • Les carburants maritimes et aériens durables
  • La modernisation des flottes
  • Des aéroports et des ports « intelligents » et respectueux de l’environnement
  • La mobilité autonome et connectée
  • De nouvelles normes et réglementations

La décarbonation et la digitalisation des transports constituent ainsi un tout nouveau départ pour le secteur des mobilités.

Quel avenir pour la logistique durable ?

 

La décarbonation de la supply chain passe incontestablement par sa digitalisation et son automatisation. Nouveaux outils et technologies innovantes font leur arrivée et s’imposent progressivement chez les professionnels du secteur :

  • Logiciels de gestion : WMS (Warehouse Management System), WCS Warehouse control system)…
  • Applications et plateformes collaboratives
  • Réalité augmentée
  • Big data pour des entreprises « data driven », c’est-à-dire pilotées par les données
  • Impression 3D
  • Intelligence artificielle (IA)
  • Internet des objets (IoT)
  • Etc.

La numérisation, l’automatisation et l’intégration de la robotique d’un bout à l’autre de la chaine logistique posent de nouveaux défis, notamment en matière de sécurité, d’exploitation des sites logistiques et d’organisation du travail. La transition vers des chaines logistiques durables suppose aussi d’informer les consommateurs quant aux conditions de livraison des marchandises.

En somme ? Redessiner l’avenir du transport

 

Pour répondre à l’urgence climatique, le gouvernement renforce la transition vers une économie décarbonée, laquelle s’appuie en grande partie sur la transformation des transports et de la logistique. Son objectif est d’accompagner les professionnels de ces secteurs vers des solutions responsables et durables. Si celles-ci participent à leur transition écologique, elles sont également nécessaires pour répondre aux enjeux de compétitivité économique, de souveraineté et de résilience qu’ont mis en lumière la crise sanitaire, la révolution numérique et le Brexit.

 

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