Le transport maritime est fortement impacté par les restrictions de circulation et le ralentissement des échanges mondiaux. Chaque entreprise adapte ses outils de production pour faire face aux nombreux bouleversements à court et moyen terme. Explications.

 

A la fin du mois d’avril, la moitié de la population mondiale était confinée à son domicile. Dans ce contexte inédit, les échanges mondiaux sont drastiquement réduits, voire totalement interrompus, hors biens de première nécessité. 80% des flux de matières premières et de marchandises circulent pourtant par la mer. Dès le début du mois de mars, le cabinet de conseil ATKearney signalait que 50 % des départs de navires avaient été annulés dans les ports chinois. Au début du mois de mai, le commerce maritime a chuté de plus de 70% à l’échelle mondiale. Les conséquences sont multiples : difficulté de livraison du carburant, effondrement des prix du pétrole, approvisionnements perturbés dans tous les secteurs, augmentation massive du chômage aux États-Unis et en Europe, etc. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises tentent de riposter en adaptant leur fonctionnement pour continuer à délivrer des services essentiels à toute la population.

 

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Quelles sont les nouvelles mesures imposées par le Covid-19 pour le transport maritime ?

 

Comme dans de nombreux secteurs d’activités, les normes d’hygiène ont été considérablement renforcées. Il est interdit à tout navire de commerce, partant d’un port français ou y accostant, de transporter plus de 100 passagers.L’ensemble des bateaux de transport maritime ou fluvial doivent désinfecter l’ensemble des zones ayant accueilli des passagers au moins une fois par jour. Aussi, chaque personne à bord doit respecter les gestes barrières et la distanciation sociale. Le transporteur doit prendre toutes les mesures à bord pour permettre aux opérateurs de porter un masque et/ou une visière et/ou des gants de protection. Du gel hydroalcoolique doit être présent en quantités suffisantes. Enfin, les navires effectuant des liaisons internationales ou supérieures à 2 heures doivent être en mesure de justifier leurs déplacements.

Aussi, de nombreux navires ne parviennent plus à accoster en raison des mesures de mise en quarantaine. Un délai de 14 jours est souvent requis, comme dans les ports de l’État du Queensland, en Australie. D’autres ports sont fermés et n’accueillent aucun navire.

 

 

Quelles sont les conséquences pour le secteur ?

 

Les conséquences sur le secteur du transport maritime sont inédites. Tout d’abord, les restrictions de déplacement pour chaque personne rendent plus complexe les relèves d’équipages, et allongent la durée des services. La réduction des effectifs conduit de nombreux marins à dépasser allègrement le temps légal de travail hebdomadaire.

Aussi, se pose le problème de la formation nécessaire pour allonger les certificats des gens de mer. De nombreuses associations sollicitent une prolongation de trois mois pour tous ceux arrivant à échéance. Aussi, de nombreuses inspections de maintenance et de sécurité ne peuvent avoir lieu, contraignant de nombreux bateaux à rester à quai.

 

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Comment la filière se prépare-t-elle à la reprise du travail ?

 

Les entreprises françaises du transport maritime bénéficient des nombreuses aides débloquées par l’État, au même titre que toutes les entreprises nationales (prise en charge du chômage partiel, prêts garantis par l’État, report de charges et d’impôts, étalement des échéances de prêt, etc.)

L’annonce du rachat de 750 milliards d’euros de dettes des États membres de l’Union Européenne par la BCE devrait contribuer à rassurer les banques et stimuler l’investissement.

En Chine, l’activité a repris à plus de 90%, sauf dans la province du Hubei (où se situe Wuhan, l’épicentre de l’épidémie). D’après une porte-parole de la CMA-CGM « Après un ralentissement de six semaines, l’activité à l’export est en voie de retour à la normale avec un rebond des volumes et un probable effet de rattrapage pour reconstituer les stocks ».

Le 10 avril 2020, le Guide des Bonnes Pratiques à destination du secteur Transport-Logistique a été publié, afin de prévenir la propagation du coronavirus. Il est indispensable pour adapter concrètement l’organisation du travail dans votre entreprise. Vous y trouverez de nombreuses solutions pour assurer la sécurité sanitaire de vos salariés administratifs, travaillant au sein des fonctions support, pour le personnel d’exploitation, de manutention, ou technique. D’autres questions fondamentales telles que le port du masque au travail ou l’organisation des déplacements au sein de l’entreprise sont abordées.

 

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