L’urgence sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 plonge l’économie dans une profonde incertitude. Depuis plusieurs semaines, l’État français a annoncé de nombreuses mesures de relance afin de soutenir autant que possible l’appareil économique du pays. Tour d’horizon des mesures qui concernent les professionnels du secteur logistique !

La récession mondiale consécutive à la pandémie de coronavirus pourrait être pire que celle qui a suivi la crise financière de 2008, a mis en garde lundi 22 mars dernier, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, au cours d’une téléconférence avec le G20. En 2009, le PIB mondial avait baissé de 0,6%, selon les données du FMI. Le coronavirus est à l’origine d’une crise sanitaire parmi les plus violentes de notre histoire récente, et touche l’appareil productif national en plein cœur. Les nombreuses mesures de confinement, les fermetures de frontières et l’arrêt de nombreux secteurs d’activité jugées non-essentielles seront probablement à l’origine de la plus grande récession jamais connue depuis la Seconde Guerre Mondiale. Après la vague de Covid-19 viendront ses conséquences pour tous les secteurs d’activité. Dans ce contexte, le gouvernement français souhaite répondre présent aux côtés de toutes les entreprises, dont les professionnels du secteur logistique, pour les aider à surmonter cette crise. Découvrons ensemble toutes les aides officielles d’ores-et-déjà à la disposition de votre entreprise !

 

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Chefs d’entreprise : Quelles sont les aides auxquelles vous pouvez prétendre ?

 

Toutes les entreprises du secteur logistique dont l’activité est impactée par la crise du coronavirus sont éligibles au dispositif d’activité partielle. De nombreux acteurs du transport ne peuvent plus circuler en raison des fermetures de frontières et des restrictions de circulation. L’objectif affiché est le maintien de l’emploi grâce au dispositif de chômage partiel. Pour l’activer, rendez-vous sur le site officiel du gouvernement. Toutes les entreprises concernées disposent d’un délai de trente jours pour solliciter ce dispositif. Pour les entreprises de plus de 50 salariés, la demande d’activité partielle peut être faite sans attendre la consultation des représentants du personnel. L’État a annoncé la prise en charge intégrale des indemnisations versées aux salariés par les entreprises, dans la limite de 4,5 SMIC, soit 7 000 € environ.

Aussi, il est possible de demander le report sans pénalité et sans justification du règlement de vos prochaines échéances d’impôts directs (acompte d’impôt sur les sociétés, taxe sur les salaires, ainsi que le remboursement des sommes liées aux échéances de mars). Selon votre situation, il est également possible d’obtenir des reports ou une exonération de charges fiscales et sociales. Un délai sera nécessaire, car chaque situation sera examinée individuellement.

 

 

Les entreprises devant faire face à des échéances de crédits peuvent solliciter l’aide de l’État et du médiateur du crédit auprès de la Banque de France pour négocier un rééchelonnement sur six mois, sans frais additionnel.

La Banque Publique d’Investissement (BPI France) se mobilise pour augmenter le niveau de la garantie à hauteur de 90% pour les prêts de 3 à 7 ans accordés par les banques privées. Il en va de même quant aux découverts confirmés pour une période de 12 à 18 mois par la banque de l’entreprise.

Enfin, il sera possible de suspendre les factures d’eau, de gaz, d’électricité et de loyers pour les petites entreprises rencontrant le plus de difficultés.

 

Salariés : Quelles sont les principales mesures qui vous concernent ?

 

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Les salariés qui poursuivent leur activité professionnelle sur leur lieu de travail habituel ou en télétravail ne subissent aucune diminution de leur rémunération. Cependant, l’Assemblée nationale a voté samedi soir l’obligation d’un accord d’entreprise ou de branche pour permettre à un employeur d’imposer une semaine de congés payés à ses salariés durant la période de confinement. Rappelons que l’activation du chômage partiel interdit formellement aux salariés de travailler. Le cumul de ces deux situations est illégal.

En cas de chômage partiel, l’employeur verse une indemnité à ses salariés équivalente à 84% du salaire net. L’État a annoncé prendre cette somme partiellement ou intégralement à sa charge.

Les dispositifs de jour de carence dans le secteur privé et dans la fonction publique ont été suspendus pour les salariés actuellement en arrêt de travail.

 

Indépendants : Quelles sont les mesures spécifiques prises pour vous ?

 

Un fonds de solidarité pour les petites entreprises (PME, auto entrepreneurs, micro-entrepreneurs, indépendants) réalisant moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires a été créée par le Ministère de l’Économie et des Finances.

Ce dernier doit permettre de verser une aide rapide de 1 500 € aux entreprises dont le chiffre d’affaires de mars 2020 sera en baisse d’au moins 70% par rapport au mois de mars de l’année dernière.

Il est également possible de bénéficier d’une suspension des factures d’eau, de gaz et d’électricité concernant le mois de mars. Comme les entreprises traditionnelles, vous êtes également éligible au report jusqu’à six mois de remboursement de crédit sans coût additionnel. Vous avez aussi la possibilité de reporter le paiement de vos impôts et charges d’un à trois mois. Pour les indépendants, les cotisations sociales habituellement prélevées le 20 mars seront cette fois-ci automatiquement lissées entre le mois d’avril et décembre.

 

Malgré l’ensemble de ces annonces, peu de responsables politiques et scientifiques parviennent à s’accorder autour de prévisions économiques fiables pour l’ensemble de l’année 2020. Petites et grandes entreprises sont déjà à pied d’œuvre pour protéger au maximum leurs liquidités, et garantir la stabilité de leur activité. L’avenir du tissu économique de l’Hexagone est en jeu.

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