Le dernier kilomètre est le plus coûteux. C’est la raison pour laquelle il est au cœur des attentions des supply chain managers pour réduire le coût unitaire du transport et mieux répondre aux attentes du client. Voici toutes les clés pour mieux comprendre ce phénomène.

Le dernier kilomètre est un vrai défi pour les logisticiens : il représente 20% du trafic et est responsable de 25% des émissions de gaz à effet de serre. Plus le produit se rapproche du client final, plus le coût marginal de livraison augmente, avant d’atteindre son apogée lors du dernier kilomètre, et c’est pourquoi de nombreux commerçants ont souhaité créer de nouvelles solutions plus écoresponsables et économiques. Un e-commerce plus propre, la mutualisation du fret et de nombreuses autres initiatives innovantes sont mises sur le devant de la scène. Dans le même temps, le marché du colis augmente de 20% par an. La logistique se renouvelle, et s’affirme chaque jour comme un vivier d’opportunités à saisir pour améliorer l’efficacité de toute l’entreprise. Découvrons ensemble tous les enjeux et solutions autour du dernier kilomètre.

 

Dernier kilomètre : comment les logisticiens sont-ils confrontés à ce défi ?

 

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Le dernier kilomètre se présente dès lors qu’une livraison à lieu, le plus souvent après un achat en ligne. La croissance exponentielle du e-commerce n’est pas prêt d’y mettre un terme. Bien au contraire ! 80% du volume de colis livrés le sont suite à un achat en ligne. Dans le même temps, les marketplaces font pression sur les logisticiens pour réduire toujours davantage les délais de livraison. A Paris, Amazon souhaite généraliser la livraison dans la journée d’ici quelques années, et 25% de ses commandes à Paris sont déjà livrées le soir si elles sont commandées le matin. Le dernier kilomètre est donc un enjeu de rapidité, et de compétitivité hors-prix vis-à-vis du client.

Dans le court terme, l’objectif est de trouver de la capacité disponible pour permettre la croissance du marché. La course à la taille critique est lancée. Cela donne un avantage aux grands logisticiens, qui peuvent étendre leur quantité de points relais, ou la taille de leurs entrepôts logistiques. A l’horizon 2025, le chiffre d’affaires du marché du dernier kilomètre devrait passer à 2.6 milliards d’euros annuels !

En ville, le transport de marchandises est à l’origine de 25% des émissions de gaz à effet de serre, l’acheminement jusqu’au domicile étant l’alternative la plus polluante. Dans le même temps, on observe que le client rechigne à payer des frais de livraison excédant 15% du prix total de la commande. Il faut donc faire mieux, avec moins ! Pour y parvenir, tirer sur la compétitivité de la chaîne logistique parait une solution très satisfaisante. Comment ? Rendez-vous au prochain paragraphe.

 

Quelles sont les solutions mises en œuvre pour limiter les externalités négatives du dernier kilomètre ?

 

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Des alternatives plus écoresponsables

Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la démarche écoresponsable des entreprises. Parmi les solutions explorées, le point relais est parmi les plus écologiques. La moitié des acheteurs en ligne utilisent les points relais comme mode de livraison principal. Le nombre d’arrêts des livreurs est réduit, passant de 15 en moyenne contre 50 pour les livraisons à domicile. Par exemple, The Green Link propose la gestion du dernier kilomètre via une cinquantaine de triporteurs électriques, plus de 80 éco-livreurs et trois centres de tri dans Paris intramuros.

Le remplacement de véhicules diesel par des véhicules électriques ne génère pas vraiment d’économies, mais réduit l’empreinte carbone. L’autonomie de ces derniers et la rentabilité de l’investissement doit être prise en compte.

 

Mutualiser le fret pour dépenser moins

 

Pour de nombreux spécialistes, la solution passe par la mutualisation. L’idée est de développer les livraisons pour le compte d’autrui dans un seul endroit. Pour l’instant, seules 25% des livraisons sont mutualisées (le plus souvent, il s’agit de petits commerçants). La création d’un « espace logistique urbain » (ELU) centralise les livraisons vers un espace central d’où des véhicules non polluants effectuent les livraisons chez chaque client. Cette solution est économique, écoresponsable mais peut prendre davantage de temps.

 

Des alternatives au transport routier pour le dernier kilomètre

 

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Seules les infrastructures routières sont exploitées pour effectuer le dernier kilomètre. Plusieurs logisticiens réfléchissent à des livraisons par les airs, via l’usage des drones, dans quelques années. Le rail et le fluvial pourraient également être mis à contribution, dans les villes où cela est possible.

Dans la gestion du dernier kilomètre, la concurrence est féroce. En effet, les GAFA, et particulièrement Amazon, ont investi des sommes d’argent très importantes dans le développement de nouvelles solutions. Il est difficile pour les concurrents de suivre le rythme, et de ne pas être distancés. Sa stratégie de rupture oblige les acteurs historiques du dernier kilomètre à réagir, à l’image du Groupe La Poste qui multiplie les initiatives (lancement de Chronofresh, développement de services personnalisés de livraison, etc.) Il y a fort à parier que les innovations ne sont encore qu’à leurs débuts !