Les exosquelettes permettent de réduire la charge physique pesant sur les manutentionnaires, et limite les risques de troubles musculo-squelettiques. Pourtant, ils ne sont pas sans risques au quotidien.

Le terme exosquelette intrigue autant qu’il inquiète. Quelle réalité se cache vraiment derrière cet outil dernière génération, dédié à l’amélioration des performances de la supply chain ? Il fait naître l’espoir d’une amélioration visible des conditions de travail pour les salariés manipulant des charges lourdes. Nombreuses sont les entreprises qui souhaitent acquérir des exosquelettes. D’abord commercialisés au stade de prototype, les versions se développent avec le temps et se déploient à vitesse grand V. Ces nouvelles technologies sont prometteuses dans les années à venir, et laissent entrevoir la possibilité d’améliorer concrètement les performances de la chaîne logistique. Pour autant, l’utilisation d’exosquelettes n’est pas sans risques : inconfort, irritations de la peau, contraintes biomécaniques, déséquilibre, etc, sont autant de menaces auxquelles il est nécessaire d’être préparé.

 

Exosquelette manutention : quels sont les principaux risques à prendre en compte ? 

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Les risques mécaniques

 

Certaines parties de l’exosquelette peuvent entrer en collision avec un tiers, une machine ou tout autre objet. Une défaillance technique ou un réglage mal effectué peut engendrer des collisions. L’opérateur peut aussi être heurté par son propre exosquelette. Le risque d’écrasement existe bien, compte tenu de la force déployée par la machine. Un mauvais réglage peut conduire à un coincement, voire un écrasement d’une partie du corps de l’opérateur. Elle peut engendrer des lésions articulaires si les amplitudes du mouvement sont trop grandes. Enfin, le frottement prolongé avec certaines zones de la peau peut générer des irritations. Les risques mécaniques doivent donc être pris en compte dans le choix d’utiliser ou non un exosquelette.

 

Les risques liés à la charge physique supportée

 

Parfois, le poids des exosquelettes est lourd à assumer pour l’opérateur. C’est le revers de la médaille, lorsqu’il n’est pas utilisé. Il peut même induire de nouvelles formes de troubles musculo-squelettiques par une mauvaise synergie musculaire. L’ajout d’une force importante, la modification des contraintes du mouvement ou la réduction des retours sensoriels peuvent avoir des répercussions et générer une désadaptation musculaire. Parfois, cela induit aussi des déséquilibres liés aux contraintes de postures.

 

Les risques liés à la charge mentale de travail

 

L’exosquelette est un outil novateur, mais qui prive aussi l’opération d’une partie de son autonomie. De nouveaux risques psychosociaux peuvent alors apparaître. Enfin, le niveau d’assistance physique apporté à l’opérateur affecte parfois la maîtrise du geste de travail.

 

Comment prévenir concrètement les risques liés aux exosquelettes ?

 

Confier un exosquelette à un opérateur doit être toujours accompagné d’une véritable opération de prévention. Il est nécessaire de lui apporter une grande assistance en l’informant sur son utilisation, jusqu’à son intégration en situation réelle. Une opération de prévention réussie permet d’être assuré de l’adéquation entre l’exosquelette, l’opérateur et les tâches à accomplir.

Pour cela, réunissez un groupe de travail composé de personnes aux profils variés : membres de la direction, équipes production, contrôle qualité ainsi que les manutentionnaires ! L’exosquelette peut donc être vu comme un outil de prévention concret face à l’ensemble des maux auxquels les salariés sont confrontés dans leur travail quotidien.

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Comment se déroule l’intégration des exosquelettes dans les entrepôts logistiques ?

 

Pour optimiser l’intégration des exosquelettes dans votre entrepôt logistique, la première étape consiste à former. L’opérateur doit repenser son travail quotidien en définissant à nouveau chaque action à l’aune des capacités de l’exosquelette. Le plus souvent, ce dernier nécessite plusieurs adaptations techniques avant de pouvoir être utilisé en situation réelle de travail. Cela nécessite aussi une révision complète des processus à appliquer.

Une fois ces derniers implantés, il faut évaluer leur performance. Pour cela, l’INRS a développé une gamme d’outils objectifs (paramètres physiques et psychologiques) et subjectifs, tels que des brochures dédiées au sujet, pour mesurer toutes les conséquences des exosquelettes sur les opérateurs. Un guide méthodologique a été spécialement publié cette année, détaillant des méthodes d’évaluation concrètes à destination de toutes les entreprises.

Toute la performance des exosquelettes se fonde sur une interaction réussie entre l’Homme et l’exosquelette. Le plus souvent, ils limitent les risques de TMS, les contraintes biomécaniques, les efforts musculaires excessifs et les postures contraignantes. Pour autant, d’autres risques subsistent : répétitivité des gestes, efforts résiduels, stress, organisation du travail, etc. L’exosquelette n’est donc pas un équipement de protection, mais de prévention.