La logistique urbaine devient un élément clé de la supply chain au sein des villes afin d’optimiser la gestion des flux et les délais de livraison. Ceci devrait permettre de désengorger les axes routiers et limiter la pollution environnementale. 

La densification de l’espace urbain ne laisse guère d’alternative aux professionnels du secteur logistique : il est impératif d’améliorer rapidement la qualité de service offerte aux clients, la disponibilité des produits, l’optimisation du dernier kilomètre, la facilitation des flux retour, etc. L’objectif de la logistique urbaine est d’être au plus près de chaque consommateur peuplant l’espace urbain. L’enjeu du dernier kilomètre devient fondamental, car son coût représente 20% du prix total d’une expédition. Pour accompagner ce développement, de nombreux projets fleurissent au sein de l’Hexagone pour accompagner la livraison au dernier kilomètre et contribuer à développer de nouvelles modalités d’organisation du transport. Respecter l’environnement, réduire les coûts et améliorer la qualité de service sont des objectifs majeurs pour tous les professionnels de la supply chain. Récemment bouleversée par la crise sanitaire du Covid-19, découvrons ensemble comment la logistique urbaine se transforme et s’adapte aux mutations de la ville en 2020.

 

Qu’est-ce que la logistique urbaine et ses principaux enjeux ?

 

La logistique urbaine consiste à acheminer de nombreux flux de marchandises entrants et sortants au sein de l’espace urbain de manière optimale par le biais de transporteurs internationaux. En pleine mutation, elle doit désormais prendre en compte de nouveaux paramètres : densification de l’habitat, augmentation de l’activité économique, diversification des transports en commun, croissance des difficultés de circulation, évolutions des contraintes réglementaires, etc. De nombreuses questions liées aux problématiques de sécurité, de partage de la voirie, de congestion, de bruit ou de pollution doivent être prises en considération.

A Paris, 10 000 véhicules de livraison circulent chaque jour, c’est pourquoi la municipalité a décidé de mettre en œuvre plusieurs mesures pour harmoniser ces flux, et réduire la densité du trafic routier. Ainsi, les périmètres d’installation des plateformes logistiques sont désormais inscrits dans le PLU (Plan local d’urbanisme)

 

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Quels sont les nouveaux schémas logistiques à l’œuvre dans les agglomérations françaises ?

La cherté du foncier, l’assimilation de la logistique à une activité industrielle génératrice de nuisances et un coût modéré du transport routier de marchandises conduit les entreprises du secteur logistique à repenser leurs modes de fonctionnement.

En effet, le modèle actuel est fondé sur des plateformes de distribution situées à la périphérie des principaux bassins d’activité. Elles augmentent la quantité de kilomètres parcourus, favorisent les goulots d’étranglement routiers, la pollution sonore et atmosphérique. Dans le même temps, les bassins d’emplois logistiques sont de plus en plus éloignés des centres-villes et des lieux de consommation.

 

 

Cet éloignement pénalise également les clients, qui sont pourtant plus exigeants, et désirent recevoir leurs marchandises dans des délais raccourcis. Renforcer la cohérence du maillage des bâtiments logistiques sur l’ensemble du territoire doit permettre de stocker le fret national et international en périphérie des grandes villes, et au cœur des centres-villes pour les marchandises légères et les petites livraisons. Ces réseaux pourraient ainsi faciliter l’intégration de la logistique dans le monde urbain sans nuire à la qualité de vie des habitants. La localisation des unités de livraison plus près des clients réduit également les émissions de gaz à effet de serre, et favorise les modes de transport adaptés aux petites distances (vélos, voitures électriques, etc.)

Parmi les principaux objectifs des métropoles françaises, l’on peut souligner la mise en place de solutions visant à :

  • Limiter l’impact écologique du transport de marchandises en ville
  • Mutualiser et optimiser les flux de livraison
  • Optimiser le stockage, l’accès aux marchandises et aux services de logistique retour
  • Déployer davantage le transport combiné (rail/route ou fleuve/route)
  • Faciliter l’activité des artisans en ville
  • Optimiser l’occupation de l’espace public

 

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Quelles sont les leçons et les opportunités à tirer pour la logistique urbaine après la crise du Covid-19 ?

La crise sanitaire du Covid-19 apporte son lot d’opportunités à saisir pour les professionnels de la supply chain urbaine. Tout d’abord, la nécessité de bâtir des schémas logistiques résilients, sans frictions, et facilement adaptables devient à nouveau une priorité afin de faire face à l’augmentation attendue des livraisons à court, moyen et long terme.

Aussi, l’augmentation du temps passé par chacun à son domicile encourage le développement du e-commerce et des plateformes numériques de livraison pour tous types de produits (alimentaires, produits manufacturés, produits médicaux, etc.) La question du dernier kilomètre devient alors prégnante, tout comme les limites des essaims de livreurs qui arpentent quotidiennement les rues des grandes métropoles.

Enfin, la nécessité de protéger « la qualité de ville » est importante afin de concilier efficacité économique et responsabilité environnementale. Les projets de piétonnisation, de péages à l’entrée des agglomérations et la création de zones à faible émissions sont autant de défis que la logistique urbaine devra surmonter dans les années à venir.

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