Les risques professionnels sont plus fréquents dans le secteur logistique que dans la moyenne des autres secteurs d’activité en France. Ils doivent être analysés à l’aide d’outils appropriés. Le taux de gravité est un outil indispensable pour y parvenir et bâtir une réelle politique de prévention des risques professionnels.

En logistique, la concurrence fait rage, et oblige parfois les entreprises à prendre des décisions lourdes de conséquences : augmentation des cadences de travail, des exigences, du stress des salariés pour satisfaire les attentes des clients, etc. Les métiers de la logistique sont davantage impactés que la moyenne en matière de risques professionnels, et la gravité des incidents est nettement plus élevée qu’ailleurs. La chaîne logistique est indispensable à l’activité commerciale des entreprises, c’est pourquoi son bon fonctionnement est absolument vital : l’approvisionnement des rayonnages, le stockage, le picking, le colisage, le chargement et l’expédition sont autant d’étapes qu’elle prend en charge. Les manutentions et les nombreux déplacements sont autant de facteurs de risques supplémentaires pour les salariés. L’utilisation d’outils et de machines parfois tranchants, puissants ou en mouvement peuvent avoir de très lourdes conséquences. Pour résoudre cette difficulté, il est nécessaire d’observer un certain nombre d’indicateurs clés afin de mieux comprendre et prévenir les risques professionnels. Le taux de gravité en fait partie, c’est pourquoi nous vous proposons de comprendre ensemble tous les enjeux relatifs à cet indicateur très précieux.

 

Qu’est-ce que le taux de gravité dans le secteur logistique ?

 

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Le taux de gravité désigne le nombre de journées entières passées en arrêt de travail (pour incapacité temporaire) pour 1 000 heures travaillées. Il est aussi possible d’observer la gravité des accidents du travail à l’aune de l’incapacité permanente. Auquel cas, on étudie la fraction des accidents qui engendre une incapacité permanente ou partielle de travail, soit près de 8% des accidents dans le transport.

On le calcule en utilisant la formule suivante : (nombre de journées indemnisées*1000) /nombre total d’heures travaillées. Pour les entreprises ayant recours à des travailleurs à temps partiel, il est nécessaire de convertir ces contrats en équivalents temps plein.

La reconnaissance par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du caractère professionnel de l’accident ou de la maladie permet une prise en charge des soins et diverses compensations financières. En fonction de la gravité et des conséquences sur la santé du travailleur, un taux d’incapacité permanente peut être établi ouvrant droit au versement d’un capital ou d’une rente.

Le calcul du taux de fréquence peut également vous aider à mieux prévenir les accidents professionnels.

 

Comment évolue la gravité des accidents du travail dans le secteur logistique ?

 

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Dans le transport, les sinistres sont plus fréquents et de durée plus importante. La durée des arrêts ne cesse d’augmenter, témoignage de leur gravité de plus en plus importante : le taux de gravité est 1,2 point plus élevé que dans la moyenne des autres secteurs d’activité (2,8% en 2014, contre 1,6% à l’échelle nationale).

Qu’il s’agisse de prestataires logistiques, de transporteurs de marchandises, d’auxiliaires de transports, de transporteurs sanitaires ou de voyageurs, le taux de gravité est systématiquement au-dessus de la moyenne nationale. La durée d’arrêt suite à maladie professionnelle s’avère plus longue dans le transport, avec 261 jours en 2014, soit 58 jours de plus qu’en moyenne. Aussi, les inaptitudes sont plus importantes qu’ailleurs, avec 0,6% des salariés touchés en logistique.

Parmi les accidents du travail entraînant une incapacité permanente de travail, on retrouve ceux consécutifs à :

  • Une chute en hauteur (23%)
  • Une blessure en portant, soulevant, se levant, déposant ou se baissant (17%)
  • Une glissade, un trébuchement, ou une chute de personne de plain-pied (15%)
  • La perte de contrôle d’un moyen de transport ou de manutention (14%)

 

Quelles sont les conséquences des accidents du travail dans le secteur logistique ?

 

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Les troubles musculo-squelettiques font partie des premières conséquences de la gravité des accidents du travail, et sont ressentis dans 97% des cas. L’épaule est atteinte dans 60% des cas, ou le coude (15%), le dos (14%) ou le poignet (9%).

Dans le secteur des transports, la durée moyenne d’un arrêt de travail consécutif à un accident professionnel est de 70 jours ! Elle est de 59 jours dans les autres secteurs d’activité. Aussi, leur durée s’allonge plus rapidement, avec des arrêts plus longs de 15 jours en moyenne.

Dans le transport, les frais engendrés par le risque professionnel atteignent 23,4 millions d’euros en 2014, accidents du travail et maladies professionnelles confondus. Leur tendance est plutôt haussière, avec un coût moyen du risque professionnel par salarié culminant à 484€ en 2014, soit deux fois le coût moyen observé dans l’ensemble des secteurs d’activités.

Les secteurs du transport et de la logistique au sens large demeurent des activités génératrices de facteurs de risques professionnels pour leurs salariés. Du côté des salariés, ils sont de plus en plus nombreux estimant que leur profession induit des risques professionnels croissants. Ces derniers sont aussi perçus comme de plus en plus dangereux. Dans ce contexte difficile, le taux de gravité est un indicateur performant pour comprendre et mesurer l’importance des risques professionnels dans votre entreprise. L’objectif est double :  parvenir à améliorer la santé des salariés tout en limitant la perturbation de la supply chain et les performances de votre entreprise !