Connaître et gérer les risques d’accidents auxquels sont exposés les salariés dans une plateforme logistique est un impératif pour tous les managers. Etant un lieu où se concentrent de nombreux flux de toutes natures, il est important de cartographier les risques et de mettre en œuvre toutes les mesures pour les prévenir.

Les plateformes logistiques sont des lieux à risques, où de nombreux flux de marchandises nécessitent une organisation sans faille, et une prise en compte de tous les risques pesant sur vos salariés. Les produits sont gérés en gros volume depuis leur lieu de production, sont stockés puis réexpédiés en petites quantités jusqu’aux clients finaux. De nombreuses opérations sont nécessaires, et le processus logistique se décompose en de multiples interventions : approvisionnement des rayonnages, stockage, picking, colisage, chargement et expédition. Les manutentions manuelles et les nombreux déplacements sont autant de facteurs de risques pour les salariés. L’utilisation d’outils et de machines parfois tranchants, puissants ou en mouvement accroissent ces risques. L’accroissement des cadences de travail et des objectifs individuels imposés à chaque salarié pour faire face à la concurrence finit de convaincre les managers qu’une cartographie des risques est indispensable. Pour aller plus loin, une véritable politique de prévention est nécessaire partout, tant pour améliorer la santé des salariés au travail que les performances de l’entreprise.

 

Quels sont les types de risques liés à la manutention manuelle ?

 

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La croissance de l’activité dans les plateformes logistiques a accru les risques liés aux manutentions manuelles. Les risques sont liés au port de charges lourdes, au nombre excessif de mouvements à réaliser, à l’hyper-sollicitation des mêmes membres (le dos, les genoux, les bras par exemple). Les postures incorrectes sont une autre source de risques, et particulièrement si les marchandises sont portées à bout de bras, ou en étant trop penché en avant.

Les surfaces trop glissantes, rugueuses, anguleuses, les chutes d’objets ou le mouvement de machines peuvent entraîner des blessures ou des pathologies d’une importante gravité : lombosciatiques, cervicalgies, contusions, écrasements, lacérations, etc.

 

Le poids, la taille et la forme de la charge à porter, l’exiguïté de l’espace de travail, son encombrement, l’état des locaux, la rapidité des cadences, le travail dans l’urgence, de nuit ou le stress sont autant de facteurs aggravants qui accroissent les risques liés à la manutention manuelle.

 

Quels sont les types de risques liés à des engins de manutention ?

 

Le renversement du chariot automoteur, le risque de blessure contre le bâtiment ou un outil de travail, la chute d’une charge depuis les fourches du chariot, l’exposition à des vibrations permanentes et le risque d’écrasement en utilisant un transpalette sont les principaux risques liés à l’utilisation d’engins de manutention.

Les pathologies en découlant sont des troubles musculo squelettiques, ou des traumatismes localisés sur la zone du corps touchée par l’accident.

 

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Quels sont les types de risques liés à la circulation interne ?

 

Les voies de circulation doivent être larges pour éviter les virages trop anguleux, les voies trop serrées, les dénivelés trop importants, les angles morts ou les lieux empêchant les manœuvres. Un entrepôt doit être un ballet réglé au millimètre près. La fluidité et la simplicité sont les clés de votre succès. Les voies de circulation doivent toujours être dégagées de tout encombrant.

La diversité des engins à utiliser doit être prise en compte, et notamment pour assurer leur bon entretien. Toute la circulation interne doit être adaptée à l’utilisation de tous les engins de travail. Leur coexistence est un facteur aggravant.

 

Quels sont les types de risques psychologiques ?

 

Ils sont trop souvent négligés, et pourtant, il s’agit d’une dimension particulièrement importante à considérer pour mieux comprendre et prévenir les risques dans le secteur logistique. Depuis plusieurs années, l’ouverture des marchés et la révolution technologique a décuplé la rapidité des échanges, et oblige les entreprises à être plus réactives sur leurs marchés cibles. Les entrepôts logistiques sont les premiers à devoir s’adapter : hausse des cadences, du stress, exigence accrue, réduction du nombre d’erreurs, limitation des ruptures de stock, etc.

Le guidage vocal (ou voice picking) génère une importante charge mentale, la flexibilité horaire et le travail à flux tendu sont les principaux facteurs de risques à contenir.

Les conséquences observées sont, le plus souvent, une augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle, des troubles gastro-intestinaux, des migraines, des céphalées, de la fatigue, de l’irritabilité chronique, des troubles du sommeil ou de l’alimentation.

Vous l’aurez compris, les risques sont nombreux dans le secteur logistique. De plus, ils coûtent cher à l’entreprise et aux salariés. Pour les premiers, une interruption de la production génère un retard des livraisons, et une insatisfaction du client. L’arrêt de la production dégrade la productivité de l’entreprise et ses performances. Pour les salariés, les pathologies présentées génèrent parfois des séquelles physiques et psychologiques lourdes. Certains risques sont encadrés par la loi, par exemple avec le  Plan de Prévention des risques, et d’autres doivent désormais faire l’objet d’une véritable politique proactive de la part de l’entreprise, afin de mieux les encadrer.